Rendez-vous avec Peter Wohlleben

La nature est-elle faite de liens ?
France Culture, mardi 2 avril 2019

Accueil / Actualité Bois / Rendez-vous avec Peter Wohlleben

Du poisson au loup et à l’arbre, quels liens au sein de l’écosystème ? Rendez-vous avec Peter Wohlleben, garde-forestier et écrivain, auteur du best-seller “La Vie secrète des arbres” (les Arènes, 2017), pour son dernier essai, “Le Réseau secret de la nature” (Les Arènes, 2019).

Avec son bestseller La Vie secrète des arbres (2017), le garde-forestier et écrivain Peter Wohlleben nous plongeait dans le monde fascinant des forêts. La vie secrète des animaux (2018) privilégiait la faune à la flore. Le Réseau secret de la nature (2019), sur les phénomènes d’interdépendance en milieu naturel, vient clore la trilogie.

Il m’importe avant tout de transmettre une chose : la joie que me procurent les créatures qui partagent notre terre et leurs secrets.
(Peter Wohlleben, Le Réseau secret de la nature, p.238)

Longtemps, son métier l’a obligé à ne considérer que la valeur marchande de la nature. Depuis sa démission en 2006 du service des eaux et forêts, son regard et son langage se sont affinés et métamorphosés, le menant à écrire cette trilogie à succès.

Le problème n’est pas que les loups mangent les moutons, mais que nous ayons tous lu beaucoup trop de contes de fées.
(Peter Wohlleben)

Dans la tradition allemande, la forêt rassemble beaucoup d’affect et abrite tout un héritage spirituel véhiculé par les contes et les mythes : “En forêt, l’inanimé peut soudain s’animer, le dieu se change en bête, le hors-la-loi défend la justice, Rosalinde apparaît en garçon, le vertueux chevalier est ravalé à l’état d’homme sauvage, la ligne droite forme un cercle, le familier cède la place au fabuleux”, écrit Robert Harrison dans l’essai Forêts : Essai sur l’imaginaire occidental (Flammarion, 2010). Forêt enchantée ou maléfique, les récits qui les présentent ont nourri nos imaginaires et influencé nos comportements jusqu’à nourrir nos superstitions.

Chaque fois que nous voulons faire quelque chose pour sauver la nature, nous produisons le plus souvent de grandes erreurs.
(Peter Wohlleben)

Peter Wohlleben use pour sa part d’une rhétorique anthropomorphiste valorisant les émotions. Cette approche pédagogique et sensible nous replace ainsi devant nos responsabilités et nous pousse à comprendre l’environnement, de ses réseaux à l’importance du sentiment d’étonnement, pour mieux le protéger.

Comment avez-vous trouvé cet article ?

Note moyenne / 5. Votes :