La construction en bois est-elle l’avenir des gratte-ciel ?

« Les bâtiments en acier et en verre n’ont plus leur place dans notre ville ou sur notre planète » — Bill de Blasio, Maire de New-York

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Partout dans le monde, de grandes structures en bois ont commencé à transformer le monde des gratte-ciel et des immeubles de grande hauteur, inaugurant un changement important vers une pratique architecturale traditionnellement dominée par l’acier et le béton. Généralement définis comme des bâtiments en bois de plus de 14 étages ou de 50 mètres de haut, ces six dernières années ont vu la construction de 44 grands bâtiments en bois, achevés ou en train de l’être, dans le monde entier. Parmi les exemples notables, citons le T3 du groupe DLR et Michael Green Architecture [en], et la future tour résidentielle HAUT de 73 mètres de l’équipe V Architectuur [en].

Ces nouvelles constructions ont été encouragées en partie par une série de politiques gouvernementales et internationales cherchant à promouvoir une conception en bois plus haute. En 2017, le gouvernement canadien a dévoilé le programme Green Construction Through Wood (GCWood) [en], qui finance des projets à forte intensité de bois ou utilisant des produits et des systèmes de bois innovants. De même, l’International Code Council a approuvé [en] 14 modifications du Code International du Bâtiment plus tôt cette année, portant la hauteur autorisée pour la construction en bois massif à 80 mètres. On espère que ces changements vont servir de catalyseurs pour accroître l’innovation sur le terrain.

T3 / Image © Ema Peter

Il est clair que des efforts concertés ont été déployés pour concevoir des gratte-ciel plus hauts en bois. Mais quels sont exactement les avantages des grands bâtiments en bois par rapport aux constructions traditionnelles en acier et en béton ?

Le principal avantage de la construction en bois par rapport à d’autres matériaux est la durabilité. L’impact négatif sur l’environnement du prototype de la tour en acier a récemment été critiqué. Le maire de New York, Bill de Blasio, a annoncé en avril que les bâtiments en acier et en verre « n’ont plus leur place dans notre ville ou sur notre planète ». De telles assertions sont fondées sur des recherches montrant que l’impact de l’acier sur les émissions de gaz à effet de serre de l’acier est défavorable : un mètre carré de surface supportée par une poutre en acier émet 40 kg de CO2 et nécessite 516 mégajoules d’énergie. Le béton n’est guère meilleur, avec 27 kg de CO2 et 290 mégajoules d’énergie. En revanche, un mètre carré de surface supporté par une poutre en bois n’émet que 4 kg de CO2 et ne nécessite que 80 mégajoules d’énergie. En d’autres termes, la construction de ce mètre carré d’espace avec du bois plutôt que de l’acier permettrait de réduire les émissions de carbone d’un dixième de sa production initiale. Cette conclusion est corroborée par une autre étude, qui a révélé que les émissions au cours du cycle de vie des maisons en bois étaient inférieures de 74% à celles des maisons en acier et de 69% à celles des maisons en béton.

Hyperion. Image Jean Paul Viguier et Associes

Ces propriétés sont renforcées par les propriétés du bois lui-même en tant que matériau naturel : non seulement il s’agit d’une ressource renouvelable cultivée naturellement, mais grâce à un processus appelé séquestration du carbone, le carbone piégé par l’arbre en cours de croissance est stocké dans le bois pour sa vie utile, qui peut durer des décennies.

En raison de ces différences, le déplacement de nouveaux développements de la construction en acier et en béton vers le bois en hauteur pourrait avoir des impacts importants sur l’environnement. Actuellement, le bois récolté annuellement ne représente que 20% de la croissance annuelle. En augmentant cette part à 34%, on éviterait les 14 à 31% des émissions mondiales de CO2 générées par l’acier et le béton et réduirait la consommation mondiale de combustibles fossiles de 12 à 19%.

Wood Innovation Design Center. Image © Ema Peter

Par conséquent, accompagner la récente poussée en faveur d’une conception en bois plus haute constitue une motivation convaincante, voire urgente, pour ce changement. Il a été prouvé que les grands bâtiments en bois réduisaient les émissions de gaz à effet de serre, la consommation de combustibles fossiles et pouvaient même protéger les forêts par des récoltes respectueuses de l’environnement.

[Lilly Cao, ArchDaily]

https://www.archdaily.com/924341/could-tall-wood-construction-be-the-future-of-high-rise-buildings

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